M. Girard constate avec un certain bonheur que l'Autorité des marchés financiers est plus sévère envers les initiés qui déclarent leurs transactions en retard. Pourtant, la réglementation québécoise pourrait être grandement améliorée en s'inspirant notamment des lois américaines sur les valeurs mobilières. Rappelons que les principales dispositions de ces lois remontent aux années 1930. Voici donc quelques pistes:
- Les profits réalisés par un initié sur une transaction sur un titre d'une société réalisée durant une période de 6 mois de la date d'acquisition devraient être remis à cette société. Cette mesure aurait pour effet de réduire les transactions sur les petits titres juniors où les investisseurs de demandent si certains initiés n'agissent pas comme des mainteneurs de marché. De plus, elle permettrait de réduire les profits rapidement réalisés sur des prises de contrôle.
- Bien que cette pratique soit rarement utilisée au Canada, il devrait être défendu à un initié de vendre les titres de sa société à découvert.
- L'obligation aux initiés d'indiquer les achats financés par des prêts de leurs sociétés et que cette information soit connue des investisseurs. (Cette pratique a été interdite aux États-Unis dans la foulée des réformes introduites par la loi Sarbanes-Oxley.)
- L'interdiction d'accorder des options d'achats d'actions aux membres qui siègent sur les comités de vérification.
Finalement, les autorités canadiennes des valeurs mobilières devraient d'interroger sur les études académiques qui démontrent que les initiés canadiens obtiennent des rendements beaucoup plus élevés que leurs confrères américains. En fait, tout laisse croire que les initiés canadiens transigent plus souvent qu'à leur tour sur des informations matérielles. Mais pour contrer ce phénomène, cela exige plus d'efforts que d'imposer des amendes à des initiés qui déposent en retard leurs transactions !
Mes salutations,
G.L.