Comme je l'ai souligné à maintes reprises par le passé, le Price to sales ratio ou PSR est très utile pour vous permettre d'apprécier le risque associé à une action.
Pour le calculer, vous devez déterminer en premier le nombre d'actions émises de la société. Ce nombre est toujours mentionné dans une note des états financiers. De plus, vous devriez rajouter à celui-ci, les actions additionnelles pouvant être émises suite à l'exercice de bons de souscription ou d'options, particulièrement, si leurs prix d'exercice se situent près ou en dessous de la valeur du marché. (Les bons et options permettent à un investisseur de se procurer des actions à un prix prédéterminé.)
Armé du nombre d'actions en circulation, vous êtes maintenant en mesure de calculer le PSR. Celui-ci se calcule en divisant la capitalisation boursière d'une société par son chiffre d'affaires des douze derniers mois. La capitalisation représente le résultant obtenu en multipliant le nombre d'actions en circulation par son cours. (Il est possible sur le site de la bourse de Toronto d'obtenir la capitalisation boursière d'une société qui y est cotée. À titre d'exemple, voici la capitalisation boursière de Zarlink, tel que présenté sur ce site. )
Selon Kenneth L. Fisher, un réputé gestionnaire américain de portefeuilles, vous ne devriez jamais acheter une action dont le PSR est supérieur 0,40. On comprendra que ce dernier n'a jamais été un très chaud partisan de nombreux titres de la nouvelle économie qui s'échangeaient à plusieurs fois leurs ventes. D'ailleurs, la magie du PSR est de vous ramener les deux pieds sur terre. En fait, le PSR est très facile à comprendre. Un PSR de 2 signifie que l’action d’une société se transige à plus de 2 fois les ventes. En d’autres mots, seriez-vous prêt à payer 200 000 $ pour une entreprise dont le chiffre d’affaires est de 100 000 $. En considérant que celle-ci dégage une marge bénéficiaire nette de 10%, soit 10 000 $ par année, vous conviendrez que vous aurez de la difficulté à récupérer votre investissement ! Pour un PSR de 0,40, le prix que vous seriez prêt à payer est de 40 000 $. On constate que ce ratio permet de juger rapidement si la valeur d’une société est surévaluée. Bien que très utile, il s'applique mieux à des sociétés dont les ventes sont essentielles à leurs rentabilités. Ce ratio a très peu de signification par exemple pour les sociétés d'investissements (qui peuvent avoir des actifs importants et des revenus limités) et les titres des ressources naturelles (par exemple, les producteurs pétroliers et gaziers.)
En conclusion, le PSR peut vous permettre d’éviter bien des écueils particulièrement celui de tomber dans une vague spéculative. Cependant, l'investisseur se doit d'examiner d'autres ratios et renseignements pour approfondir son analyse (niveau d'endettement, valeur comptable, rendement sur le capital investi, flux de trésorerie par action, etc.)
Gilbert Leblanc est l’éditeur du blog http://www.canadianinsiderblog.com